Dès 1944, le philosophe Jean-Pierre Vernant, alors chef des Forces Françaises de l’Intérieur de la Haute-Garonne, appelle les résistants à conserver témoignages et objets pour garder la trace de leurs actions. En 1975, à Toulouse, d’anciens résistants et déportés se rassemblent au sein d’une association destinée à poser les bases d’un musée de la Résistance et de la Déportation. Celui-ci voit le jour deux ans plus tard. D’abord associatif puis départemental, il déménage plusieurs fois avant de s’installer ici, dans le quartier du Busca, en 1994.
Les collections du musée n’ont cessé de s’enrichir durant leurs cinq décennies d’existence. Très majoritairement constituées à partir de dons, elles rendent compte de la complexité de la période et de la multiplicité des parcours individuels ou collectifs. En effet, la guerre n’a pas seulement été l’affaire de quelques hommes dont le nom est passé à la postérité. Elle a été aussi celle des combattants de l’ombre, étrangers engagés dans la Résistance, femmes entrées dans la clandestinité, tous longtemps oubliés des manuels d’histoire. Cette polyphonie constitutive des collections du musée vient ainsi illustrer la façon dont s’imbriquent, se nourrissent et s’éclairent mutuellement l’Histoire et les mémoires de tous ces acteurs.
Cette exposition anniversaire est l’occasion de rendre hommage aux fondateurs du musée et à ses donateurs, de mettre en lumière la variété des mémoires de la Seconde guerre mondiale, mais aussi de montrer l’étendue de collections méconnues dont certaines pièces sont ici exposées pour la première fois.