Conserver les mémoires 1945-1975

« Il n’est pas un coin de Toulouse qui ne réveille en moi un souvenir des temps de résistance. » Jean Cassou

Dès les années de clandestinité les résistants amassent récits et objets afin de pouvoir raconter ensuite leur histoire. Une fois le conflit terminé, certains d’entre eux livrent immédiatement leurs souvenirs. À partir du printemps 1945, le retour de prisonniers de guerre, de requis du Service du Travail Obligatoire et de déportés vient démultiplier les témoignages.

Ces souvenirs, forcément subjectifs parce que modelés par les identités, les affinités politiques, affectives ou partisanes, ne traduisent pas toujours des vécus identiques. Cette diversité d’expériences transparaît dans la pluralité des associations mémorielles qui voient le jour après-guerre. Chacune étant porteuse d’une parole qui lui est propre, les mémoires en viennent parfois à se concurrencer voire à s’affronter. La venue à Toulouse de Charles de Gaulle le 16 septembre 1944 illustre ces tensions qui existent entre les anciens combattants. Si le Général est acclamé par les foules, son attitude vis‑à‑vis de la Résistance locale, qu’il soupçonne de vouloir mener une révolution, est en effet particulièrement froide. Dans ce contexte de discorde, tous les témoins ont alors à cœur de garder la mémoire de leurs expériences et d’en transmettre l’histoire.

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