Ces seize femmes et hommes rescapés posant sous la bannière de la « Section des camps d’Auschwitz et Birkenau du Parti Communiste Français » ont été arrêtés dans des circonstances diverses.
La plupart sont des Juifs et des Juives déportés en 1943 et 1944 par l’un ou l’autre des 69 convois de la « solution finale » partis de France vers Auschwitz. Eugène Garnier et André Faudry font figure de « vétérans » : ils sont arrivés le 6 juillet 1942 avec le premier des trois convois de résistants acheminés à Auschwitz et sont parmi les rares rescapés de celui-ci. L’expérience concentrationnaire vécue par ces femmes et hommes est identique à plusieurs égards, bien que leurs parcours suivent des trajectoires distinctes et complexes au gré des mutations fréquentes ou des affectations dans les Kommandos. Affectés pour les uns à Auschwitz, pour les autres à Birkenau ou encore dans l’un ou l’autre camp-satellite, ils se croisent fréquemment au fil de leurs mois de détention. Les femmes du groupe déportées par le convoi 58 sont envoyées au Block 10, le lieu dédié aux expérimentations médicales, soit comme infirmières, soit comme victimes de ces pratiques. Les hommes sont, quant à eux, envoyés dans des groupes de travaux forcés. Les lacunes des sources rendent difficile la reconstitution de leurs parcours. En effet, la grande majorité des archives du camp ont été détruites par les SS dans les jours ayant précédé l’évacuation du camp en janvier 1945. À cette difficulté s’ajoute celle de la retranscription des patronymes : d’origines étrangères, ils sont souvent altérés tant dans les archives françaises qu’allemandes. Par ailleurs, certains rescapés sont parfois identifiés non pas par leur identité civile mais par leurs noms de guerre, qu’ils finiront par conserver.
