À Auschwitz

Les 9 000 rescapés abandonnés par les SS sont répartis à travers les multiples sites qui constituent Auschwitz. Un semblant d’organisation se met alors en place parmi eux afin de survivre.

Ceux qui le peuvent tentent de prendre en charge les malades et de trouver des vivres. Mais pour ceux restés à Auschwitz, l’évacuation ne signifie pas la fin des menaces. Des SS et d’autres soldats allemands reviennent régulièrement, abattant les prisonniers qu’ils découvrent. Des dizaines sont ainsi exécutés. Le 20 janvier, les chambres à gaz KII et KIII sont dynamitées. Le 23 janvier, les30 baraques du Kanada II, qui renferment encore des montagnes d’objets, sont incendiées. Le 26 janvier, juste avant de quitter définitivement le camp, les SS font sauter le crématoire KV.

Le 27 janvier, les premiers soldats de l’Armée rouge arrivent. Hénia Frydman décrit ce moment : « Les soldats qui ont libéré notre lager [camp] nous ont prouvé qu’il y a encore des êtres humains dans ce monde, pas seulement des bêtes. C’était après deux ans dans le lager, le premier contact avec des êtres humains, avec des vrais êtres humains ».

Des rescapés, dont les seize identifiés sur la photographie, participent alors activement aux soins prodigués par les médecins et infirmières soviétiques, bientôt épaulés par des volontaires polonais. Certains membres du groupe, comme Cipora Gutnic et Mira Honel, participent aussi à la collecte des témoignages mise en place par la Commission extraordinaire d’enquête sur les crimes commis à Auschwitz.

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