Rédigé dans l’immédiat après-guerre, ces récits participent des premières tentatives de transmission de l’expérience concentrationnaire, entre témoignages personnels et volonté de faire connaître la réalité des camps. Ils sont tous conservés par la Fondation pour la mémoire de la déportation.
Témoignages sur Auschwitz
Amicale des déportés d’Auschwitz, Paris, 1945
Publié dès 1945, cet ouvrage rassemble les premiers récits de survivants du camp d’Auschwitz. Diffusé dans un premier temps dans des cercles associatifs et mémoriels, il œuvre à documenter précocement l’expérience concentrationnaire et à alerter l’opinion, constituant l’un des premiers témoignages collectifs sur Auschwitz.
De la résistance au bagne : Fresnes, Buchenwald via Auschwitz
André Blécourt, 1945
Résistant arrêté puis déporté en 1944, André Blécourt — pseudonyme de François Jacquemin — est interné à Fresnes avant d’être transféré à Auschwitz puis à Buchenwald. Dans cet ouvrage, il livre le récit de son parcours. Le recours à un pseudonyme témoigne du recours fréquent à des noms d’emprunt et de leur persistance dans un contexte encore instable après la guerre.
Souvenirs de l’au-delà
Olga Lengyel, 1946
Olga Lengyel est une infirmière juive d’origine hongroise. Elle est arrêtée avec sa famille et déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944. Elle y perd ses parents, son mari et ses deux fils. Publié en 1946, ce témoignage retrace son expérience de la déportation et compte parmi les premiers récits de survivants consacrés à Auschwitz. Comme la plupart des témoignages publiés immédiatement après-guerre, le tirage est probablement modeste. Néanmoins il est d’abord publié en anglais sous le titre Five Chimneys et dispose donc d’une visibilité à l’international.
Trente-quatre mois dans les camps de concentration : Témoignage sur les crimes « scientifiques » commis par les médecins allemands
André Lettich, 1946

André Lettich est arrêté pour faits de résistance. Déporté pendant près de trois ans dans plusieurs camps de concentration, il est confronté à la violence du système concentrationnaire et est notamment témoin d’expérimentations médicales pratiquées sur des détenus. Publié en 1946, son témoignage dénonce ces pratiques, en s’appuyant sur ses propres observations et sur les récits recueillis auprès d’autres prisonniers.
Une Française juive est revenue
Suzanne Birnbaum, 1946

Juive française arrêtée pendant l’Occupation, Suzanne Birnbaum est déportée puis détenue dans plusieurs camps avant d’être libérée en 1945. Publié dès 1946, son témoignage retrace son arrestation, sa déportation et son retour. Il s’inscrit parmi les premiers récits de survivantes, contribuant à faire connaître l’expérience concentrationnaire et la déportation des Juifs de France.
Sans armes et sans bagages
Louise Alcan, 1947
Engagée dans la Résistance, Louise Alcan est arrêtée puis déportée en camp de concentration. Son témoignage est publié en 1947 et retrace son parcours, de l’engagement clandestin à la déportation. Diffusé dans un premier temps dans des cercles restreints, il s’inscrit parmi les récits précoces de survivantes qui contribuent à documenter l’expérience concentrationnaire et à en transmettre la mémoire.
Sans fleurs ni couronnes
Odette Elina, 1947

Engagée dans la Résistance, Odette Elina est arrêtée puis déportée à Auschwitz-Birkenau. De retour de déportation, elle consigne par l’écriture et le dessin son expérience des camps. Publié en 1947, cet ouvrage rassemble ces témoignages, qui participent à documenter et à rendre perceptible l’univers concentrationnaire à un moment où ces récits sont encore peu diffusés.
De l’Université aux camps de concentration : Témoignages strasbourgeois, 1947
Ouvrage collectif, 1947
Publié en 1947, cet ouvrage collectif rassemble plusieurs témoignages d’universitaires et d’étudiants strasbourgeois engagés dans la Résistance, arrêtés puis déportés dans les camps de concentration. Il s’inscrit dans le contexte particulier de l’Université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand pendant la guerre et durement touchée par la répression allemande, marquée par des arrestations massives, notamment parmi les universitaires. Diffusé dans des cercles universitaires et mémoriels, il contribue à documenter l’expérience de la déportation et à en transmettre la mémoire.
